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LE PROJET DES FILIÈRES CONCHYLICOLES

Les analyses effectuées en 2011-2012 et présentées ci-dessous demeurent valides dans la mesure où le projet de 2014 est quasiment la copie conforme de celui de 2011.

Sur le projet de 2014 voir les documents relatifs à l'enquête publique (page DOCUMENTS JURIDIQUES)

Présentation générale du projet 2011 et de ses incidences


version PDF disponible en téléchargement

 

La côte Nord-est de l’Ile d’Oléron gravement menacée par un projet d’implantation de filières 

 


Un des plus gros projets d’industrialisation de production de moules et d’huîtres  jamais implanté en France verra le jour  prochainement sur l’un des sites les plus prestigieux de l’Ile d’Oléron : c’est tout l’équilibre environnemental,  biologique, économique, touristique de l’Ile qui sera définitivement  touché par ce projet pharaonique.

 

A l’heure où le Développement raisonné est une des préoccupations majeures  de notre planète, quelques acteurs privilégiés ont obtenu les autorisations nécessaires de l’Etat sans qu’aucune  étude d’impact approfondie ne soit réalisée et sans véritable consultation de la population et de l’ensemble des acteurs économiques.
Devant l’urgence de la situation, il est fondamental de faire toute la lumière sur le sujet et de le faire savoir : c’est la vocation de ce document.

Nous refusons que l’Anse de la Malconche constitue un terrain d’expérimentation de l’agro-industrie au détriment de l’activité touristique et du patrimoine naturel et paysager de notre littoral.

 

Le projet d’installation de 387 ha de filières conchylicoles dans l’Anse de la Malconche, au Nord-est  de l’île d’Oléron.

 

Dans le silence de l’hiver 2011, et après une enquête publique notoirement insuffisante tant dans la forme que sur le fond, un arrêté préfectoral a autorisé l’implantation d’un gigantesque champ de production industrielle d’huîtres et de moules en eau profonde, sur une superficie équivalente à plus de 3 fois l’île d’Aix, à quelques centaines de mètres des plages de l’Anse de la Malconche (550m de la Pointe des Saumonards). Cette technique d’élevage, d’origine asiatique, consiste à suspendre en pleine mer, sur des câbles maintenus à flot par des bouées et arrimés sur le fond, des cages ou des lanternes dites « japonaises » contenant les poches d’huîtres, le but étant de produire les huîtres en très grande quantité et de raccourcir le cycle productif.



Réalisée en catimini à une période où de nombreux acteurs économiques concernés et impactés par le projet étaient absents de l’île (citoyens non informés, absence de consultation des commerçants et professionnels du tourisme, collectivités locales non consultées à l’exception de celle de Saint George qui a émis un avis défavorable), l’enquête publique d’avril-mai 2011 est fondée sur une appréhension unilatérale des enjeux économiques, humains et territoriaux d’un tel projet par rapport au milieu maritime et littoral  oléronais.

En dépit d’une majorité d’avis défavorables, le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable, assorti cependant d’importantes réserves relatives à la détection et au traitement des déchets qui pourraient apparaître. Il est remarquable par ailleurs que ses conclusions, très brèves, s’appuient sur les réponses du demandeur du projet, le CRC (Comité régional de conchyliculture de Marennes-Oléron), réponses contenant de nombreuses affirmations sans fondement et  des contre-vérités.

Le coût de cet investissement, qui servira les quelques grosses sociétés conchylicoles à l’origine du projet, est évalué à 4 565 000 €. 50 % sont demandés à l’Europe, 15 % au Conseil Général et 15 % au Conseil Régional. Les 20 % restants seraient alors à la charge des entreprises soumissionnaires des filières.

Qui sont les opposants à ce projet ?

 

Notre association APLIMAP (Association pour la préservation du Littoral de la Malconche et des Pertuis charentais) a été créée en février 2012 et succède à un collectif d’habitants qui s’était constitué en mai 2011. Elle regroupe actuellement plus de 700 adhérents qui se sont activement mobilisés cet été en découvrant les implications environnementales et économiques d’un tel projet et sont outrés du mépris implicite que révèlent les réponses aux courriers que nous avons adressés fin juin aux élus, aux services de l’Etat, aux ministères concernés. Aucune des questions documentées que nous soulevons n’a reçu de réponse.
Nous sommes des résidents oléronais, des usagers d’origines géographiques multiples (promeneurs, baigneurs, pêcheurs et plaisanciers) de l’espace littoral de la Malconche. Nous aimons ce site dont la valeur paysagère et environnementale est reconnue par tous dans l’île et au-delà. Depuis plusieurs générations, résidents permanents ou secondaires et vacanciers fidèles, nous faisons vivre l’économie touristique de cette destination familiale et populaire.

Les maires des trois communes du nord de l’île (Saint-Georges, La Brée les Bains et Saint-Denis), l’UNAN-CM (Union nationale des Associations de Navigateurs 17), la Fédération Nationale des pagayeurs marins, la SPPIO (Sté de protection des paysages de l’île d’Oléron), les pêcheurs de l’APLM 17 dénoncent avec notre association APLIMAP l’arbitraire de la décision préfectorale ne reposant sur aucune étude d’impact environnemental sérieuse, aucun bilan économique objectif, aucune prise en compte de l’intérêt paysager, balnéaire et touristique du littoral de la Malconche.

Tous demandent –y compris par la voie juridique- un moratoire immédiat sur les travaux  d’installation des premières filières qui ont débuté fin août et l’abrogation du décret préfectoral autorisant leur implantation.
Notre refus est partagé par de nombreux petits ostréiculteurs, inquiets des retombées de ce projet sur leur activité professionnelle.

Pourquoi nous nous opposons à ce projet d’implantation des filières : des impacts écologiques, sociaux et économiques inacceptables

Ce projet conduit à la confiscation et à la dégradation irréversible d’un espace littoral et maritime exceptionnel pour le seul bénéfice de quelques intérêts conchylicoles privés et cela, au détriment de l’économie locale de l’ile d’Oléron fondée à plus de 80% sur le tourisme. Il implique une transformation radicale des métiers de l’ostréiculture, contestée par une majorité d’exploitants qui rejette la logique productiviste de ce type de projet et lutte pour le maintien d’une ostréiculture de qualité respectueuse du vivant et de la nature. Il signifie à terme une altération définitive de l’image de l’île d’Oléron et de l’ostréiculture.

1 - Un espace public exceptionnel sera confisqué et irréversiblement dégradé :

 

Ce n’est pas seulement l’Anse de la Malconche, mais toute la côte Nord-est de l’île d’Oléron qui est concernée par ce projet. Le site de l’Anse de la Malconche, prestigieux en raison de ses 10km de plages sableuses sans platier rocheux et sans vase, sera irréversiblement saccagé comme le sont déjà toutes les plages du Sud-Est de l’île, lourdement envasées.

L’emprise des filières sur la mer sera en effet considérable, les nuisances visuelles et sonores seront incessantes : 15.000 bouées sur une étendue de 4 km sur 2, gros bateaux-barges stationnés ou en mouvement très fréquent sur le site, à quelques centaines de mètres du rivage. Le champ de filières constituera un barrage artificiel qui fermera pratiquement la baie de la Malconche et condamnera tout le secteur non seulement à une pollution visuelle, et sonore mais aussi à un envasement rapide et irréversible lorsque tout le champ de filières sera exploité. Les énormes volumes de rejets organiques de millions d’huîtres et de moules calculés à partir d’études officielles d’IFREMER et du CREAA, sont particulièrement inquiétants (300 à 800 tonnes par jour selon les hypothèses retenues) (annexe 1). Ils n’ont pas été démentis mais plutôt délibérément ignorés. Le CRC comme la Direction des Affaires Maritimes de Marennes répondent depuis peu que l’on ne sait pas ce que deviendront ces déchets (dixit M. le Directeur des Affaires Maritime de Marennes lors de l’entrevue avec Mme le Préfet le 25 juillet) . Ils devraient être « dispersés par les courants » selon le CRC. Les autorités de l’Etat ont donc élaboré et avalisé un projet  gigantesque sans se préoccuper de son impact environnemental.



En effet, il n’existe aucune étude d’impact du projet en matière de sédimentation, de rejets, de courantologie, et de sécurité maritime. Les courants bien connus des navigateurs et des pêcheurs ramèneront pourtant les vases organiques et les boues de nettoyage vers les plages toutes proches. Mentionnons aussi le  gasoil issu du va et vient quotidien de dizaines de barges.

Les effets supposés bénéfiques de la présence des filières sur la ressource halieutique sont contestés par la pêcheurs qui faisaient partie des premiers opposants au projet. Ils  insistent notamment sur le risque de disparition rapide des espèces pélagiques en raison de l’envasement.

La plaisance et les sports nautiques seront eux aussi gravement affectés et rendus dangereux et peu attractifs. Il est sidérant qu’une espace maritime de grande qualité fréquenté par des milliers de plaisanciers depuis les 3 ports de plaisance oléronais mais aussi depuis les ports de Charente Maritime soit réduit progressivement comme peau de chagrin (ce serait le troisième champ de filières dans la mer des Pertuis) alors même qu’il devait accueillir les épreuves de régates des Jeux Olympiques et qu’il constitue pour l’avenir un atout majeur pour une nouvelle candidature de la France.
L’espace maritime entre la Longe de Boyard et le rivage de la pointe des Saumonards au port du Douhet deviendrait interdit, neutralisant au moins 2500 ha de Domaine Public Maritime. Les ports de plaisance du Douhet, de Boyardville, et également de Saint Denis, de l’île d’Aix, du Coureau d’Oléron et de l’Estuaire de la Charente verraient leurs importants trafics très fortement perturbés. Le projet repoussera les bateaux bien au-delà de ses limites propres, les hauts fonds dangereux de la Longe de Boyard étant tous proches. Les navigateurs seront mis en danger ou exclus du domaine maritime actuel de l’Anse.(annexe2)

Le port de Boyardville par exemple, étape très importante du tourisme marin en voilier deviendra difficile d’accès. L’obligation de tirer des bords dans une zone où vents et courants sont forts découragera plus d’un marin. Le risque de dérive vers les filières n’étant pas exclu, il faut savoir que le bateau de la SNSM ne peut y naviguer.
Aucun de ces impacts négatifs n’a été pris en compte dans le dossier d’enquête publique délibérément orienté vers la seule justification d’un projet sectoriel  faussement présenté comme l’avenir de toute une profession.

2 - l’économie locale et les emplois fondés sur le tourisme, le nautisme et la pêche gravement menacés

 

Le tourisme, première activité économique de l’île en termes de richesses et d’emplois sera gravement affecté par la perte d’attractivité de la côte Est, suite à l’envasement des plages et à l’accumulation de déchets de coquilles ou de résidus industriels de nettoyage. La pollution de ces plages détournera à terme les promeneurs et les baigneurs qui , déjà, fréquentent moins les plages des Saumonards où les rejets vaseux des élevages de moules sur bouchots et sur filières sont  évidents.

Les coquilles de moules sur la plage de Boyardville.


L’interdiction de l’espace maritime à la voile légère et aux activités nautiques aura également un impact négatif  sur les entreprises liées à ce secteur de loisirs.
Les revenus générés par les activités touristiques, de plaisance et de pêche sont très largement supérieurs à ceux de la conchyliculture à Oléron et toute perte d’activité dans ce secteur (activités directes et induites) se traduira immédiatement par des pertes d’emplois permanents et saisonniers.

De nombreuses entreprises et commerces autour des ports du Douhet, St Denis et la Brée, seront menacées dans leur survie par cette baisse de la fréquentation touristique.
L’attraction principale de Boyard est bien son port de plaisance, les gens viennent y flâner et rêver. Son animation fait vivre un grand nombre de restaurants, boutiques et commerces. Le gardiennage, les chantiers d’entretien, la vente d’accastillage (ressources importantes) seront également concernés.
La pêche en mer sera interdite sur ce site, ce qui privera un certain nombre de pêcheurs d’une partie de leurs revenus.
Les petits exploitants ostréicoles estiment pour leur part que les métiers des cabanes et les petites structures familiales et de sous-traitance dérivées disparaîtront, ce projet entraînant la disparition à terme de 80% d’entre eux.
L’économie locale en sera gravement impactée comme le soulignent les maires des communes concernées. Le volet économique de l’étude d’impact est donc vide et cette carence inadmissible est le fruit d’une vision totalement erronée et passéiste de l’économie oléronaise.

En Charente Maritime, quand la conchyliculture emploie en moyenne 3400 personnes (1,5% de l’activité économique), les domaines du commerce, tourisme et pêche en emploient 37300 (16,7% de l’activité économique) soit 10 fois plus. Dans le Pays de Marennes-Oléron, la conchyliculture emploie 2000 personnes en moyenne (1300 permanents et 3400 saisonniers) sur un total de 10610 emplois, soit un peu moins de 20%. Le chiffre exact n’est pas connu pour la seule île d’Oléron mais est certainement inférieur en raison du développement plus important des activités touristiques dans l’île. Il reste de toute façon plus de 80% d’emplois dont le maintien est à prendre en considération dans tout projet affectant l’économie oléronaise.

Utiliser des financements publics pour créer une activité hautement capitalistique qui réduira les effectifs de l’ostréiculture traditionnelle et affectera gravement des activités touristiques génératrices de plusieurs milliers d’emplois (bien plus que la conchyliculture qui a besoin par ailleurs de la cientèle touristique, au moins les petits exploitants) est une politique irresponsable et suicidaire tant au plan économique (rentabilité de l’investissement fortement aléatoire) qu’au plan de l’emploi (fortes réductions des effectifs de l’ostréiculture et des activités touristiques et induites).

3-  Un projet agro-industriel au service de quelques intérêts privés conchylicoles

 

Ce projet est une affaire à gros profits, payée majoritairement par les pouvoirs publics pour le bénéfice exclusif de quelques gros exploitants-expéditeurs qui n’ont que faire de la survie de l’économie locale oléronaise et de la protection environnementale des sites naturels.

Le marché ostréicole sera dominé par quelques gros exploitants qui maîtriseront toute la filière et transformeront les quelques artisans qui survivront en salariés ou sous-traitants totalement dépendants de leurs dictats économiques. La location des concessions est faite au prix fort  et la vente des huîtres semi-grossies dans les filières sera imposée à des tarifs négociés dans le cadre d’une relation totalement asymétrique comme c’est le cas dans l’agriculture contractuelle.

Il s’agit bien d’un projet de nature agro-industrielle qui exige des investissements importants inaccessibles au plus grand nombre et vise des gains de productivité fondés sur la manipulation du vivant et la destruction à terme de la biodiversité en raison de l’utilisation massive d’huîtres triploïdes. Celle-ci rendra les petits producteurs dépendants des écloseries pour leur approvisionnement en naissains et éliminera à terme les naissains naturels. Le débat sur la nécessité et les dangers de l’huître triploïde n’est pas clos : dans un avis de 2004, l’INRA  précise que « si quelques huîtres tétraploïdes s’échappaient des écloseries, cela entraînerait en une dizaine de générations, le basculement vers une population exclusivement tétraploïde ». A quoi correspondra dans un futur très proche le label « naturel » attaché à l’huître de Marennes-Oléron ?

Le nombre des filières prévues a été récemment modifié. Elles auront une répartition différente de celle annoncée dans l’enquête publique de mai 2011. Alors que la légitimation du projet a toujours été le « sauvetage de la profession ostréicole »  la part croissante des filières mytilicoles (26 % des filières contre 20 % dans le projet soumis à l’enquête publique), et davantage encore à l’avenir), conduit à s’interroger sur les véritables bénéficiaires de l’opération. Rappelons que l’activité mytilicole produit davantage de déchets que l’ostréicole, que l’activité mytilicole est plus concentrée et plus intégrée aux filières agro-industrielles que l’ostréiculture et…que des moules triploïdes ont été « inventées » par l’IFREMER pour des raisons de pure opportunité commerciale.

La profession ostréicole est très divisée sur ce projet. En réalité, c’est une majorité de la profession qui est hostile à ce projet auquel elle n’a jamais été associée. Malgré une unité de façade imposée par la voix officielle du CRC, une centaine de petits ostréiculteurs ont brisé la loi du silence en août.
(cf. la lettre communiquée à Mme le Préfet par 2 de leurs représentants le 25 juillet 2012). (annexe 3)

Enfin, la rentabilité du projet, fondée sur une étude de 2008, est totalement remise en question par IFREMER qui réévalue la question sensible de la mortalité. Son rapport de février 2012 remet en question la crédibilité du projet, en annonçant une mortalité des huîtres sur filières en eau profonde de plus de 80 %, équivalente à celle observée dans l’élevage sur tables. Or, le projet était justifié par l’obtention d’une mortalité inférieure à 20 %, base prise dans l’étude d’impact de l’enquête publique. Le projet, essentiellement financé sur fonds publics, ne serait plus du tout rentable !
On s’interroge, dans le contexte actuel de recherche systématique d’économies du gouvernement et de l’Europe, sur les motivations réelles de ceux qui continuent à faire la promotion d’un projet dont la rentabilité est totalement aléatoire et dont les coûts sociaux et écologiques  sont tous simplement passés sous silence par le CRC ainsi que par tous les décideurs privés et publics.

4 - L’image de l’île d’Oléron et de l’ostréiculture sera définitivement altérée par cette production industrielle à deux pas du rivage.

 

Le décret préfectoral du 2 décembre 2011 autorisant les filières a été adopté opportunément entre la non signature par l’Etat du Schéma de Mise en valeur de la Mer élaboré à la fin des années 1990 (approuvé par la majorité des acteurs concernés après 4 années de concertation, il dédiait cette zone au nautisme et au tourisme) et la création du futur Parc Naturel Marin. Il est en totale contradiction avec le  classement  de l’île et de ses estrans parmi les sites classés du département de Charente Maritime (avril 2011). Nous sommes en réalité très près de la politique du fait accompli et très loin des exigences de la démocratie en matière de développement et d’aménagement du territoire.

Le projet d’implantation des filières de la Malconche est l’exemple d’une stratégie économique et territoriale désastreuse et non réfléchie. Un site unique par son caractère sauvage et protégé, avec des plages de sables fin en bordure de forêt, une faune et une flore authentique et à l’écart des zones de passage sera détruit et condamné. Toutes ces dommages irréparables seront causés pour le bénéfice de quelques ostréiculteurs puissants qui s’approprient ainsi un espace public dont la vocation première est la satisfaction du plus grand nombre, et se feront au détriment d’activités essentielles à la vie économique locale (pêche, pratique de la voile légère, sports de haut niveau, régates, et aussi baignade et promenade en famille) pratiquées par plusieurs centaines de milliers de personnes.

La profession ostréicole exige autre chose que cette initiative très minoritaire et socialement coûteuse. L’ensemble de la population oléronaise doit être consultée sur le partage de l’espace public et sur le sort réservé à ce bien commun inaliénable qu’est l’espace littoral et maritime.

Ce projet doit être stoppé : l’installation des 42 premières filières qui a débuté fin août doit être arrêtée ; le projet tout entier doit être abandonné comme cela a été le cas au printemps 2012 dans la baie de Cancale pour un projet similaire.

 

En conclusion, le projet fait fi du classement de l’île d’Oléron et de ses estrans.


Elaboré et défendu par certains services de l’Etat, il ignore les principes fondamentaux de la gestion intégrée des littoraux  prônés par les autres.

Soutenus par certains élus, il est en totale contradiction avec les discours répétés de ces mêmes élus sur la nécessité de favoriser le tourisme et le développement local.

Présenté comme ponctuel et sectoriel il met en réalité en danger les équilibres écologiques et économiques de tout l’île d’Oléron.



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Evaluation de l’envasement de l’Anse de la Malconche par l’élevage en filières


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1. Sujet

Evaluation de l’envasement par sédimentation du littoral, des plages de l’anse de la
Malconche, des plages et des ports de Boyardville, du Douhet et de Saint Denis provoquée par la
mise en place d’exploitation industrielle d’huîtres et de moules sur filières en eau profonde sur 387
hectares à quelques centaines de mètres des plages.

2. Objectif de ce document

Identifier les éléments conduisant à l’envasement du littoral, des plages en particulier de
Boyardville à Saint-Denis et des ports de Boyardville, du Douhet et de Saint-Denis, par la mise en
place d’une concentration d’élevage et de production d’huîtres et de moules dans les zones dites
« Passage de L’Ouest » et « Malconche ».

Les rejets (fèces) pour les seules huîtres sont estimés (à partir des données des tests réalisés par
l’IFREMER et de divers schémas de production des concessions) entre 300 et 800 Tonnes par jour soit 80 000 à 216 000 tonnes par an en tenant compte de 3 mois « d’hivernage ».

Les concessionnaires n’étant pas connus à ce jour, nous nous basons sur le schéma de production évoqué en page 3 par le CREAA. Le nombre d’huîtres peut varier de 400 à 900 millions voire largement plus, sur une surface de 70% de la zone exploitable, 1200 poches pouvant être soit
suspendues soit posées en fond par tranche de 100 mètres linéaire.

Cette estimation ne tient pas compte des déchets produits par la partie exploitation des moules sur filières, des très nombreuses boues emportées par les courants et générées par les remontées imposées des casiers et des nombreux nettoyages des huîtres à bord.

Ce document ne traite pas de la pollution atmosphérique générée par les moteurs des nombreuses barges ateliers prévues, les importantes nuisances sonores et visuelles, les entraves à la navigation, les atteintes à la sécurité et aux interventions des secours aux plaisanciers de tous genres (voile, moteur, kytesurf, planche à voile, kayac, etc) ainsi qu’aux professionnels. Aucune étude n’a été faite sur les possibilités d’interventions dans ce secteur. Les avis de la SNSM n’ont pas été recueillis.

L’anse de la Malconche est un des derniers sites préservés de la côte Est de l’île d’Oléron à
posséder des plages de sables non envasées sur plus de 10 kilomètres.
Elle est concernée par la pollution, du fait des retours de courants importants circulant le long
des plages de cette anse. Les plages concernées sont celles des Saumonards, de La Nouette, de La Gautrelle, de Foulerot et de Plaisance.

Les plages et les ports de Boyardville, Saint Georges, La Brée et Saint-Denis sont
directement concernés par les courants directs traversant cette zone de production industrielle.
Les éléments utilisés pour constituer ce document sont les suivants :

> Etude des courants Anse Malconche
(Bloc Marine 2012 Basé sur document SHOM n° 559-UJA)

> Positionnement de la zone de concentration industrielle d’élevage et culture
(Carte d’implantation de la zone indiquée dans le document d’enquête publique)

> archimer.ifremer.fr/doc/1990/publication-3031

> CREAA – Etude de faisabilité d’élevage d’huîtres en eau profonde dans la baie de la Malconche - de Mai 2008

CREAA – Mutations conchylicoles – fev 2009


3. Synthèse :

a. La quantité minimale de rejets de « fèces », dans les conditions des tests réalisés par
l’IFREMER, est estimée à 310 tonnes par jour. Les rejets « pseudo fèces » ne
concernent pas notre approche car ils sont non polluants.

b. L’estimation des rejets « fèces » et de la circulation de ceux-ci est basée sur :
  • 1. Des quantités minimales de millions d’huîtres à l’hectare (p 8
  • CREAA)
  • 2. Des quantités minimales de rejets de « fèces » (p 9 IFREMER)
  • 3. Des taux de mortalité cités (p 8 CREAA)
  • 4. Des cartes des courants SHOM (pages 4,5 et 6)
  • 5. Des observations sur les forts courants de fond du site (p 6 CREAA)
c. Les valeurs choisies sont :
  • 1. 1,2 million d’huîtres par hectare
  • 2. Une surface de 387 hectares
  • 3. Des rejets journaliers tenant compte des phases de :
a. Pré-grossissement : 0.2g/jour

b. Grossissement : 0.5 à 1.2 g/jour

c. Définition de croissance : de 1.0 à 1.5g/jour

d. Les courants sur le site choisi sont complexes et très forts. Ils génèrent de forts
courants au large d’un axe Saint-Denis / Boyardville, et des retours de courant sur les
plages de l’anse de la Malconche.

e. Certains affirment les « fèces » rejetés sont ré-ingérés par les autres huîtres et ne
formeraient donc pas de sédiment. Le document IFREMER infirme cette théorie car
fèces sont bien rejétès comme des sédiments, donc non ré-ingérés donc brassés et
transportés par les courants de fond.

f. La pollution par les diverses activités de manipulations (brassage des déchets et
boues pendant les phases de remontées et remises à l’eau des lanternes ou casiers)
n’est pas quantifiée dans ce document et devra être ajoutée.

g. Les opérations de nettoyage demanderont de nombreux aller et retour sur les sites
prévus sauf si le nettoyage expérimental fait à bord (voir extrait en page 12) se
généralise. Les emplacements des sites retenus pour le nettoyage, la façon dont les
déchets seront recueillis aussi bien dans les ports que sur les bateaux ne sont pas
connus.

h. En cas de mise en place d’élevage de moules, la quantité de rejets sera largement
supérieure à celle calculée.

i. L’estimation des rejets à 310 Tonnes/jour est basée sur les conditions des tests Ifremer
et une densité minimale d’huîtres à l’hectare.

Dans ces mêmes conditions de test, avec de huîtres plus grosses, et une densité supérieure, les valeurs peuvent atteindre 600, voire dépasser largement les 900 tonnes / jour (voir réponse Ifremer validant le rejet d’huîtres plus grosses).



 

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